Faux Jacques

La Ferme Saint-Michel

Demain
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Autonome et durable, un élevage pour demain!

Jacques est, avec son épouse, à la tête d’une ferme de polyculture et polyélevage en agriculture biologique. Sur 48 ha, la moitié est consacrée aux prairies ; l’autre moitié se partage entre cultures fourragères, céréales, protéagineux et haricots.

L’élevage bovin consiste en un cheptel d’une petite centaine d’animaux de race limousine. Mais les bovins ne sont pas les seuls animaux de la Ferme Saint-Michel… On y trouve également un élevage de volailles fermières (poulets, dindes, canards, pintades) ainsi que quelques porcs, les deux étant destinés à la vente directe.

La ferme dispose également de son propre magasin, qui ouvre tous les samedis, ainsi que d’un gîte à la ferme, qui peut accueillir jusqu’à 9 personnes.

Jacques est également membre-administrateur de la coopérative Coprosain.

Le point fort de Jacques, c’est sa recherche perpétuelle d’autonomie alimentaire pour nourrir ses animaux, outre l’amélioration génétique de son troupeau limousin.

  • Wasmes-Audemez-Briffoeil (Péruwelz)

Sa passion pour l’élevage

Jacques, qui aime la précision et les sciences, est passionné par l’élevage. C’est au départ de quelques génisses achetées en France par son frère (décédé accidentellement peu de temps après) que Jacques a développé son troupeau de vaches limousines. Comme elles étaient inscrites au Livre généalogique de la race, il a poursuivi dans cette voie par l’inscription de jeunes bêtes au Herd-Book Limousin Belge (HBLB), et a également pris part aux activités organisées par celui-ci (concours, expositions, ...). Peu répandue à l'époque, la race limousine s’est largement développée depuis lors en Belgique, tandis qu'elle connaissait une évolution importante du point de vue génétique.  Par ailleurs, par ses caractéristiques propres, notamment sa rusticité, la race limousine, du point de vue de Jacques, s'avère bien adaptée aux nouveaux défis qui se posent aujourd'hui aux éleveurs : respect du bien-être animal, contraintes économiques, contraintes environnementales, qualité de la viande, ou encore conversion à l’agriculture biologique. Sur sa ferme, Jacques est particulièrement attentif à deux aspects :
  • L’amélioration génétique qui se traduit pour son élevage à la participation au programme d'indexation des reproducteurs et au bilan génétique du troupeau (BGTA) mis sur pied par le Herd-Book et l’Association wallonne de l’Elevage (awé).
  • L'alimentation, avec la recherche de l’autonomie comme leitmotiv (choix des cultures fourragères, analyses des aliments, calcul des rations).

L’amélioration génétique du troupeau Limousin

Selon Jacques, l'élevage bovin est en effet un des rares domaines où l'agriculteur/éleveur reste le principal acteur de ses progrès génétiques.  Par le choix judicieux de taureaux d’insémination et de reproducteurs au sein de bons élevages, et par sélection, il a travaillé de façon à intégrer dans son élevage les progrès génétiques de la race Limousine et obtenir des animaux qui présentent de bonnes qualités bouchères. Si l'amélioration des performances pondérales reste un objectif de sélection important, d'autres critères sont également pris en compte, tels que la facilité de vêlage, la production laitière, la rusticité, la docilité...  Les développements squelettique et musculaire moyens de son troupeau se sont ainsi vus améliorés. Cette passion pour la génétique et l’amélioration du troupeau s’est transmise à ses fils ; c’est généralement ensemble qu’ils parcourent les élevages belges ou français mais aussi les catalogues Limousin ou de l’awé à la recherche de bons reproducteurs pour leur élevage.

La recherche d’autonomie

En ce qui concerne l’alimentation, leurs animaux ont toujours été largement nourris à partir d’aliments produits à la ferme. Jusqu’en 2013, la ration hivernale était constituée d’une base de pulpes de betterave surpressées obtenues en ayant droit et d’ensilages d’herbe et de maïs. Depuis 2014, un mélange de seigle immature et ray-grass s’est substitué aux maïs et pulpes. Au niveau de la protéine, Jacques a opté pour des prairies temporaires de luzerne et graminées, ainsi que, durant plusieurs années, pour la culture de pois protéagineux. La possibilité de faire appel aux services du « Moulin mobile », jeune entreprise régionale, s’est couplée à une multiplication des silos de stockage de grains et de mélanges préparés à la ferme. Analyses à l’appui, ce sont des rations adaptées aux besoins des animaux qui ont pu être mises au point, en intégrant largement les ressources végétales produites sur l’exploitation. Le niveau d’autonomie alimentaire atteignait 95% en 2013-2014. Dans un tel contexte, convertir la ferme Saint-Michel à l’agriculture biologique n’était plus qu’une formalité et constituait la suite logique du raisonnement de Jacques et sa famille vers plus d’autonomie et de qualité. Le pas fut franchi en 2015, et avec lui une remise en prairie de quelques hectares de culture.  C’est avec satisfaction que Jacques voit aujourd'hui ses animaux profiter de ses prairies et fourrages tout en offrant une viande qui ravit les nombreux consommateurs qui viennent s’approvisionner directement à la ferme.

Aussi pour les volailles

Au niveau de l’élevage de volailles, c’est surtout la mise au point d’une ration originale « autonomiste » qui a retenu leur attention.  Celle-ci, en autonomie à 82 %, exclut totalement le tourteau de soja et leur apporte satisfaction tant du point de vue de la croissance des volailles qu’au point de vue des qualités organoleptiques de la viande produite.

Son rêve

Que le consommateur garde sa confiance aux éleveurs locaux et autonomes, qui commercialisent leurs produits en circuits courts…. tel est le rêve formulé par Jacques.

Ses atouts

Jacques se définit comme étant quelqu’un de travailleur, honnête, convivial, tout en étant discret. Il aime la précision, et est également très méthodique. Son côté scientifique l’a toujours amené à entreprendre des actions sur son exploitation dans une réflexion globale, avec une vision à long terme. L'autonomie alimentaire de ses élevages est une constante préoccupation pour Jacques, qui a sans cesse cherché à améliorer cet aspect au sein de sa ferme. En 2013, un contrat de CRE (Centre de Référence et d'Expérimentation de la Région Wallonne) lui a permis de valider la faisabilité d’une alimentation plus autonome pour ses animaux. La partie expérimentale de ce travail a été effectuée durant trois ans et demi, de 2013 à début 2016. En 2016 a eu lieu un important travail d’analyse, d’interprétation et de synthèse de tous les résultats obtenus, de rédaction d'un rapport, et de sa publication sous le titre « Essais sur l’autonomie alimentaire en élevage limousin et en engraissement de volailles fermières » (rapport complet disponible dans la rubrique « En savoir plus »). Les résultats ont ensuite été présentés à diverses reprises, comme en attestent les informations relayées dans la rubrique ci-dessous intitulée « La Ferme Saint-Michel, Centre de Référence et d'Expérimentation de la Région Wallonne sur la thématique de l’autonomie alimentaire en élevage limousin et en engraissement de volailles fermières ». Au-delà de ce travail, la conduite quotidienne de ses élevages reste au cœur des préoccupations de Jacques et sa famille. Bénéficiant des acquis des essais menés les années précédentes, ils continuent à maintenir sinon améliorer l'autonomie alimentaire de leurs troupeaux en l'adaptant aux conditions propres de chaque saison: suivi de l'alimentation (analyses des aliments, calcul des rations), suivi de la croissance et amélioration génétique. La vente directe de leurs produits attire chaque samedi un bon nombre de clients intéressés par une viande locale, saine et savoureuse.  Ils ont ainsi l'opportunité d'échanger avec eux sur leur façon de travailler, d'en expliquer le pourquoi et le comment, et, quand l’occasion s’y prête, de leur proposer une visite de la ferme.

La Ferme Saint-Michel, Centre de Référence et d'Expérimentation de la Région Wallonne sur la thématique de l’autonomie alimentaire en élevage limousin et en engraissement de volailles fermières

Historique du travail

En 2013, à l’initiative de la coopérative Coprosain, de la FUGEA et de Monsieur Christian Papeians, ingénieur à la Direction Générale de l’Agriculture (DGO3), un groupe de quatre éleveurs, coopérateurs de la coopérative Coprosain et dont Jacques faisait partie, s’est engagé dans un contrat de Centre de Référence et d’Expérimentation sur le thème de l’autonomie alimentaire dans les fermes d’élevage. Vu l’intérêt et l’actualité de ce sujet, le contrat a été reconduit en 2015 et a donné lieu au dit rapport. Comme une année s’était écoulée entre les deux contrats, celui-ci comprend finalement les résultats obtenus sur trois années d’essais, ce qui permet d’en accroître la validité. Le travail expérimental s'est terminé au début de 2016. S'en est suivi, en 2016 et 2017, un important travail de rédaction du rapport (rapport complet disponible dans la rubrique « En savoir plus »), ainsi que de nombreuses actions pour diffuser les résultats obtenus.

Actions menées en 2016 et 2017

  • Rédaction du rapport intitulé “Essais sur l’autonomie alimentaire en élevage limousin et en engraissement de volailles fermières.” Celui-ci, achevé en octobre 2016, comprend l'analyse, l'interprétation et la synthèse des résultats obtenus durant les années précédentes.
  • Diffusion par Internet: depuis novembre 2016, ce rapport est disponible :
  • sur le portail AGRICULTURE-WALLONIE (https://agriculture.wallonie.be/documents/20182/21906/Exploitation+mixte+90-95.pdf/77953736-1d4f-43b0-98d1-0f5904d0de3c)
  • sur le site internet de  la Ferme Saint-Michel (http://fermesaintmichel.be/agriculture-durable/)
  • Présentation du travail devant un public composé principalement d'agriculteurs le 13/3/2017. Séance d'étude organisée par le Groupe Herbe des Parc Naturel des Plaines de l'Escaut, Parc Naturel des Collines et Parc Naturel Scarpe-Escaut.
  • Séminaire au Centre de Recherches Agronomiques de Gembloux: présentation aux chercheurs du CRAW et d’autres institutions (APPO, Fourrages-mieux, FUGEA, UCL) le 3 mai 2017).
  • Publication du rapport sous forme de 8 articles successifs parus dans la revue mensuelle de la FUGEA "La Lettre paysanne". Cette parution a été programmée de avril 2017 à février 2018 (numéros 65 à 69, 71,73,74).
  • Présentation d'un séminaire à Viçosa (Brésil) intitulé: "Autonomia alimentar numa fazenda na Europa: Filosofia, Experiencias e Resultados." ("Autonomie alimentaire dans une ferme en Europe: philosophie, expériences et résultats."), 1er juin 2017, Université Fédérale de Viçosa. Présenté par son fils Pierre qui y travaillait en 2017.
  • Présentation lors du 1er forum de l'European Association for Agroecology sous le titre “Feed autonomy  enables  the transition  of  mixed  farms  to  agroecology:  economic  impact  and associated  ecosystemic services." Lyon, 27-29 octobre 2017. (http://www.agroecology-europe.org/wp-content/uploads/2017/12/Short-summary-of-workshop-16-AE-Forum-2017.pdf)
  • Présentation lors du "6th Belgian Agroecology Meeting", le 14 novembre 2017 à Gembloux: "Economic impact of field autonomy and associated ecosystemic services in a beef cattle and poultry mixed farm in Belgium." (http://www.agroecologie.be/wp-content/uploads/2017/11/bambook2017.pdf)
  • En 2018 sont prévues la participation à une séance d'étude destinée aux éleveurs sur le thème de l'autonomie alimentaire organisée par la FUGEA (15 mars), la publication d'un article dans le revue "Mille Lieux" (numéro 10, juillet 2018) (millelieux.be) (article en préparation)
En projet: participation au 27th European Grassland Federation General Meeting (Cork, Ireland, 17-21 juin) sur le thème: "Sustainable Meat and Milk Production from Grasslands", avec un poster intitulé "Grassland-based beef production: economic impact and ecosystem services in a Limousin cattle farm". (https://www.egf2018.com/)